Mes Mille et une Nuits

Posté le 22/04/2017 dans Bibliographie.

001Mes Mille et une Nuits

« La maladie comme drame et comme comédie »

De Ruwen Ogien.

« Faire durer le suspense comme Shéhérazade ,en évitant de me mettre à dos les soignants, c’est le mieux que je puisse espérer, si j’ai bien compris la nature de ma maladie. »

…Pourquoi faudrait-il être « résilient ? « Ces dernières années, la recherche en psychologie de la santé est passée d’une quête obsessionnelle des effets néfastes des graves maladies (stress, dépression, « blessures narcissiques », difficultés de s’adapter au monde ou à reconstruire « l’estime de soi », etc.) à une focalisation sur ses bénéfices, ses effets positifs dont la réalité n’a jamais été vraiment démontrée…(chapitre 7)

Dans cet essai très personnel, Ruwen Ogien suit et questionne avec humour et perspicacité le parcours du malade, les images de la maladie, les métaphores pour la dire, l’oublier ou pour en faire autre chose qu’elle n’est. Ne dit- on pas souvent qu’elle serait un défi à relever, un test pour s’éprouver, une expérience qui, une fois dépassée, pourrait nous enrichir ?  Farouche adversaire d’un tel « dolorisme », l’auteur ne trouve aucune vertu à la souffrance : à ces yeux, ce qui ne tue pas ne rend pas plus fort, et la résilience n’est pas la panacée…

Mes Mille et une nuits « La maladie comme drame et comme comédie » est un livre fort qui nous aide à comprendre le quotidien de la maladie, à prendre conscience qu’elle a bien des causes, mais certainement pas des raisons…

L’auteur sait de quoi il parle étant lui-même gravement malade. Ruwen, Ogien est philosophe, directeur de recherche au CNRS, défenseur d’une conception « minimaliste » de l’éthique. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont « L’influence de l’odeur des croissants chauds sur la bonté humaine et autres questions de philosophie morale expérimentale (2011) Philosopher ou faire l’amour (2014) Mon diner chez les cannibales et autres chroniques sur le monde d’aujourd’hui (2016)

« Mes Mille et une nuits » de Ruwen Ogien, éditions Albin Michel. Prix  19euros.

 

printemps beauregard 2017 001Rodin  ou La sculpture nue – De Victoria Charles

Cette année nous fêtons le centenaire de la mort de Rodin (1840-1917) ce qui donne lieu à une exposition  à Paris, mais aussi à plusieurs publications.

Les Editions Eyrolles viennent de sortir le livre « Rodin ou la sculpture nue » de l’auteure Victoria Charles, professeur d’histoire de l’art.

L’auteure rappelle dans cet ouvrage «  …qu’Auguste Rodin, s’il fut reconnu de son vivant en laissant cours à une œuvre affranchie, n’en supportait pas moins le refus d’œuvres, qui lui avaient pourtant été commandées, car considérées comme scandaleuses ! Alors que la libération du mouvement et des lignes dans ses sculptures témoigne d’une profonde réflexion sur la matière et le corps… »

Le livre démarre sur une « Chronologie de la période » bien utile pour se remémorer les grands moments historiques qui ont émaillés la vie d’Auguste Rodin de 1804 jusqu’à 1919, soit deux ans après sa mort, année où fut inaugurée le musée Rodin à l’hôtel Biron –Paris- entièrement dédié à l’œuvre d’Auguste Rodin et de Camille Claudel.

S’ensuit un 1er chapitre « Un début de parcours laborieux » où l’on découvre, effectivement, le parcours difficile de l’artiste, que rien à priori ne destinait à son destin, car né dans une famille modeste d’un père normand fonctionnaire de police et d’une mère d’origine lorraine, mère au foyer, s’occupant  attentivement de sa grande sœur Maria et du jeune Auguste qui  fut, dit-on, un « piètre écolier » . Il se fait, cependant, remarquer par ses aptitudes certaines pour le dessin, ce qui incitera ses parents à l’encourager dans cette voie et ainsi en 1854 à l’inscrire à l’Ecole impériale spéciale de dessin et mathématiques, aussi surnommée Petite Ecole (future Ecole des Arts décoratifs) !…

Le chapitre 2 intitulé « L’affirmation de la passion à l’œuvre » où l’on découvre la genèse de la création de la «  Porte de l’Enfer » dans une première partie, suivie ensuite par « La passion et le vertige »: la rencontre avec Camille Claudel » sa muse, son modèle, sa collaboratrice, sa maîtresse, bref  la passion de sa vie qui inspirera l’artiste créant des œuvres considérées comme sulfureuses pour l’époque, mais « qui font autrement sens pour Rodin :

“L’art c’est l’amour. Pour beaucoup c’est un rêve, une complication  psychologique, un palais, un parfum, un décor, mais pas du tout l’essentiel ! L’essentiel en amour c’est l’accouplement, le reste n’est que détails, charmants, passionnants, mais références » (Camille Maucler, Auguste Renoir. L’homme et l’œuvre, La Renaissance du Livre. Paris, 1910-1920.)

Dans le chapitre 3, intitulé « Les Monuments »l’auteure  nous entraine dans l’histoire vivante des grands monuments de Rodin, et, comme dans les chapitres précédents émaillés d’anecdotes et de nombreuses et superbes représentations  photographiques.

Le chapitre 4 «  L’âge mûr » est davantage consacrée aux dessins du sculpteur. En effet après 1900, l’artiste a consacré l’essentiel de son temps à ses dessins qu’il expose à Berlin en 1903 puis ensuite à Paris en 1907 au sein de la galerie Bernheim-jeune…

Enfin le chapitre 5 «  Le Rachat de l’hôtel de Biron en vue d’un musée Rodin » où le lecteur découvre qu’avant de devenir effectivement le musée Rodin et Camille Claudel en 1919, l’Etat s’était rendu propriétaire de l’hôtel de Biron, fait de la partie sud du lycée  Victor –Duruy, avait envoyé un avis d’expulsion de tous les locataires, qui avaient quitté les lieux à l’exception de Rodin qui de plus avait décidé que cet hôtel serait un futur musée…

Rodin ou La sculpture nue de Victoria Charles avec la collaboration de Sybille Bellamy-Brown, historienne de l’art, chargée de cours à l’Ecole du Louvre, conférencière nationale.

C’est aussi un très beau livre – Prix 21,90 euros. Editions Groupe Eyrolles – 61 Boulevard Saint Germain 75240. Paris Cedex 05. Site Internet: www.editions.eyrolles.com

 

Visite_Malagar_newsLe Centre François Mauriac à Malagar dans sa dernière lettre d’information indique que viennent d’être édités :

Mauriac Politique d’André Le Gall chez L’Harmattan et précise que dans cette même maison d’édition, André Gall est aussi l’auteur de François Mauriac journaliste : 1948-1958.

François Mauriac n’a cessé d’écrire dans la presse tout au long de sa carrière et notamment, sur la Révolution russe, le national-socialisme, l’occupation et la guerre d’Espagne. André Le Gall à partir d’extraits de l’œuvre de Mauriac, analyse ses prises de positions politiques.

Toujours aux Editions L’Harmattan vient d’être publiée une comédie en trois actes d’après le roman de François Mauriac Thérèse Desqueyroux. Comédie  signée Sergio Fabbri (1911-1980) acteur, dramaturge et scénariste italien, présentée et annotée par  Pier Luigi Pinelli, universitaire italien, spécialiste de l’œuvre de François Mauriac.

Ces ouvrages sont aussi en vente dans la librairie du Centre François Mauriac à Malagar.


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