2020

Posté le 15/01/2020 dans Edito.

 

2020

                                                                                    

“La  Jeune génération ” vous souhaite une année 20/20, espérant que le monde qui l’entoure retrouve bon sens, mesure et bienveillance afin que les futurs « grands projets » ne s’enlisent plus dans le bouchon vaseux de la Garonne et n’indisposent pas « Les Esprits de Garonne *» susceptibles par nature. (crédit photo-LRV)

Quant à la vieille génération elle vous offre pour ce début d’année quelques vers extrait du « Prologue des hommes », dans  «Les  Esprits de Garonne », car un peu de lecture cela ne peut pas faire de mal…

« Vers le couchant, il est une campagne

Que le vieux Vin dispute au jeune Amour

Verte Avallon, lumineuse Cocagne,

   Au seuil flamboyant du Mijour,-

Un frais jardin sous l’arche de clémence,

Où meurt la pluie, où le soleil commence,-

Terre où Fronsac, sentinelle et pastour,

Toujours debout en haut de sa montagne,

Voit par-dessus l’épaule des saisons

Les chars croulants de l’août répondre aux semaisons.

 

Un vaste fleuve, une large rivière,

Chemin, faisant grossis de joyeux rus,

Baignent encore cette épave dernière,

   Des anciens Edens disparus :

Lui, vagabond, torrentueux, rapide,

Roulant de l’or,-elle, chaste et limpide,-

Deux grands promis, l’un vers l’autre accourus

De ronde Auvergne et Pyrénées altières, Et qu’au milieu des ceps et des cyprès

Une noce éternelle assemble au Bec d’Ambès.

 

Ce que Garon et sa femme Dordogne

Avant d’unir leurs doux flots en amers

En s’approchant enclosent de Gascogne

   Sous l’enseigne d’Entre-deux-Mers,

Ce sont des champs, des vergers, des gaudines,

Puis de francs clos entourés d’églantines,

Où Noé jeune entra les plants divers,

Malbecs, muscats, qui le firent ivrogne ;

Enfin des bourgs, des hameaux par milliers

Parmi les calmes ifs et les gais peupliers

 

Yvrac tout blanc, Vayres toujours en fête,

Chaud Camarsac au milieu des maïs,

Se voient d’abord, Saint-Loubès à leur tête,

Répandus dans le plat pays ;

Mais le plus beau, c’est passé la grand’Ville,

Lorsque, en amont, après la première île,

Sur les coteaux parmi le rouvre envahis

On va comptant les bourgs de faite en faite :

Pair de Cenon, le vétuste Bouliac,

Saint Joseph-du-Rocher, et Camblanes et Quinsac.

 

Puis, laissé Cambes, où la côte approche,

Contre le bord, fait serrer les jardins

Et sur les toits laisse pendre la roche,

   Baurech, Tabanac tout voisins ;

Le Tourne ensuite, et Langoiran lui-même

Où l’on croit voir, de la cime suprême,

La mer des eaux après la mer des pins,-

Lestiac enfin, dont Cadillac est proche.

De tous ces bourgs, à qui le plus fleuri,

Le Phénix est Quinsac, terre des Pic-Berry .

André Berry…*pour en savoir plus sur « Les Esprits de Garonne » se référer à l’ouvrage d’André Berry, geste champêtre de 18000 vers.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


One Reply to “2020”

  1. Merci Coco de ces vers d’André Berry que j’avais un peu oubliés et qui m’ont rappelé “Les esprits de Garonne” de Jean Paul Nogués, notre ami musicien trop tôt parti et qui rendait là un bel hommage
    au fleuve qu’il aimait tant regarder de chez lui à Cambes.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *