L’eau Vive, l’eau Vie!

Posté le 20/09/2019 dans Environnement.

L’EAU VIVE, L’EAU VIE : reportage de Lysiane Rolland

Suite à un film fort intéressant visionné à la médiathèque de Branne dédié à l’eau, j’ai rencontré le syndicat mixte eaux et rivières de l’entre-deux-mers (SMER’E2M).

Le président M Jouanno et le Vice Président M Mercier-Lachapelle, tous deux élus dans les communes de Saint-Pey-de-Castets et de Vayres, le directeur Jérôme Tartare, et deux techniciens des rivières, Pauline Gillaizeau et Guillaume Botte m’ont aimablement entretenue de leurs actions au sein de ce syndicat.

Le SMER’E2M ?

Celui-ci est né du regroupement de plusieurs syndicats en 2013 et 2017, eux-mêmes sous l’égide de plusieurs communautés de communes.

Son financement provient des cotisations des collectivités et de l’aide de différents partenaires financiers.

Il emploie un directeur/chargé de missions, une secrétaire, une animatrice Nature2000 / technicienne rivières et un technicien rivières ; il est animateur de deux sites Natura2000 sur le réseau hydrographique du Gestas et de l’Engranne, lors de notre rencontre Pauline en est la représentante.

Il couvre 7 EPCI ( établissements publics de coopération intercommunale) qui sont des communautés de communes, 84 communes, plus de 400 kms de ruisseaux et rivières pour 50 000 habitants environ. Il ne se réclame d’aucun parti politique.

À l’origine, il y eut la loi sur l’eau de 1992, qui institua le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion de l’Eau (SDAGE) “Adour-Garonne”, pour la gestion équilibrée de la ressource en eau, avec des objectifs environnementaux pour chaque masse d’eau, ainsi que le Schéma d’Aménagement et de la Gestion de l’Eau (SAGE) “Dordogne Atlantique”.

Depuis, l’eau et les poissons qui circulent dans la rivière font partie du « patrimoine commun de la nation ». 

Plus près de nous :

-La Directive Cadre sur l’Eau DCE du 23 octobre 2000.

-La Loi sur l’Eau et les Milieux Aquatiques “LEMA” du 30 décembre 2006.

Enfin depuis le 1er janvier 2018, la Gestion des Milieux Aquatiques et la Prévention des Inondations GEMAPI, aux compétences élargies à l’aménagement, l’entretien, la protection et la restauration de tous milieux aquatiques, leurs écosystèmes et leurs rives boisées ainsi que la défense contre les inondations. Toutes mesures qui sont venus enrichir l’arsenal juridique de protection de l’eau, des milieux et des écosystèmes.

Les missions du SMER’E2M sont donc nombreuses et variées : Veiller et surveiller

  • Veiller et surveiller la qualité de l’eau.
  • S’occuper de la réhabilitation physique des cours d’eau (hydromorphologie),
  • Assurer la prévention des inondations et informer les riverains.
  • Engager  les travaux prévisionnels.
  • Soumettre les  problèmes aux différents organismes en vue de la création de lois.
  • Protéger  les ruisseaux afin que ceux-ci puissent jouer leur rôle d’absorption des eaux, informer  sur la nocivité des zones cimentées ou asphaltées.
  • Proposer des produits alternatifs à l’usage des phytosanitaires.
  • Suivre les espèces animales et végétales,- La ripisylve compose la végétation des bords de cours d’eau, elle est essentielle pour le bon état des berges et pour la qualité de l’eau.
  • Le Département se rend acquéreur de zones humides afin de les préserver.
  • Le SMER-E2M est demandeur d’informations de la part des usagers. Il demande aussi aux institutions de le tenir au courant des projets d’urbanisme.

 Ses objectifs sont tout aussi importants :

  • Bon état écologique des cours d’eau d’ici 2021 (Directive Cadre sur l’Eau, DCE).
  • Qualité des habitats piscicoles.
  • Protection contre les crues.
  • Sensibilisation des acteurs du territoire.

C’est avec fierté que Guillaume me parle du site de Laubesc à Cessac ou existaient autrefois deux lacs, un de pêche et un de baignade. Le second a depuis était transformé en une zone humide, très riche en biodiversité.

Sur ce lieu, le SMER’E2M a fait recenser par des naturalistes plus de 200 espèces : libellules, oiseaux, serpents, papillons, libellules et chiroptères ( appelées plus communément chauve souris). Un sentier d’interprétation à l’intention des scolaires ainsi qu’à tout public devrait prochainement voir le jour car le site est adapté pour cela. Un travail sur la lutte des espèces nuisibles (comme l’écrevisse de Louisiane) est également effectué. Ragondins et rats musqués sont quant à eux confiés à l’Association Départementale des Piégeurs Agréés de Gironde (ADPAG). Laubesc a pour objectif d’être “une zone vitrine” notamment auprès des plus jeunes.

Le SMER’E2M œuvre avec plusieurs partenaires financiers et techniques comme l’Agence de l’Eau Adour-Garonne, le Département de la Gironde, la Région Nouvelle-Aquitaine, la Chambre d’Agriculture, la Fédération de pêche de la Gironde ou encore les autres syndicats de rivières comme celui du Dropt ou encore celui de la Pimpine.

Le SMER’E2M est aussi créateur d’emplois car il fait appel à des techniciens spécifiques et des entreprises spécialisées lors de travaux tels la coupe d’arbres en bordure de rivières ou pour assurer la protection des berges.

Le siège administratif du SMER se trouve : 6 rue de l’hôpital 33420 Rauzan

Pole administratif et technique : 11 avenue du 8 mai 1945 33420 Branne -Tel : 0557848954  –

( Lysiane Rolland).

L’eau, ce bien commun de l’humanité…

Eté 2019– Les séquence caniculaires que nous venons de subir ont pu rappeler, y compris aux “anti” que le réchauffement climatique était, hélas, bien en train de s’installer et combien l’eau nous était précieuse et bénéfique y compris dans notre France dont plusieurs départements subissent une sécheresse telle que nos agriculteurs se demandent comment nourrir leur bétail pour les mois à venir!

Quelques rappels sur l’actualité d’hier, c’était en 2003…

…L’eau est vitale et déjà dès les années 1970 l’Union européenne en avait pris conscience et intégré le domaine de l’eau comme une de ses composantes essentielles en prenant les premières directives concernant la qualité des eaux superficielles destinées à l’alimentation humaine ainsi que les eaux de baignade et d’irrigation.Puis il y eu , vingt ans après, les actions concernant le développement durable et la gestion globale de la planète qui ont suscité la mise en œuvre des directives relatives au traitement des eaux usées ou encore ayant pour objet la réduction de la pollution par les nitrates d’origine agricole. En 1997 la directive cadre a déterminé la politique de l’eau en Europe et a regroupé tous les textes relatifs à l’eau. Adopté le 23 octobre 2000 ce cadre communautaire engageait les États membres sur des axes précis pour aboutir à un bon état écologique de leurs eaux et renforcer la protection de l’environnement aquatique et d’ici à 2015!..Cet acte unique avait intégré l’environnement comme élément fondamental de toute politique! Toutefois force est de constater que nombre de  politiciens, techniciens ou experts patentés n’ont toujours pas assimilé cette donnée fondamentale  qui exige une évolution radicale de nos politiques!...”(sources n°679 du 12 au 18 avril 2003″ VERT” articles parus à la suite du Forum mondial de l’eau qui a eu lieu à Kyoto le 16-23 mars 2003!)

16 ans après ces observations où en est l’humanité?  Les constats des scientifiques sont de plus en plus alarmants , il ne se passe pas de jour où l’on apprend de nouvelles catastrophes humanitaires dues au réchauffement climatique… la jeunesse est dans la rue et commence à  demander des comptes s’inquiétant pour son devenir etc etc…et pendant ce temps là “les Grands de se monde” se rencontrent, se réunissent, s’entretiennent mais de quoi s’entretiennent-ils ? D’ailleurs de quoi peuvent-ils discuter objectivement, avec raison  quand les intérêts des  pays qu’ils représentent sont si antinomiques et surtout quand leur EGO hypertrophié ne leur permet plus de tout simplement communiquer et avoir de l’empathie pour ces parties de l’ humanité  qui subissent toutes les violences: celles provoquées par les hommes comme les guerres , celles engendrées par les dérèglements climatiques : cyclones, inondations, sécheresse avec leurs corollaires : l’exode, l’exil, la recherche à n’importe quel prix, y compris celui de leur vie, de lieux où le monde serait meilleur mais aussi plus accueillant…!

Pour mémoire : il faut un litre et demi d’eau par jour pour la survie d’un seul individu. L’eau contaminée est responsable de la mort de 5 millions d’hommes par an. 1,3 milliard d’humains n’ont pas accès à l’eau potable.Une Africaine fait en moyenne 6km par jour pour s’approvisionner en eau. En moyenne un Américain prélève quotidiennement 600 litres d’eau, un Européen 250 litres et un Africain 30 litres!

Et nous, et nous, et nous …en Aquitaine , en Gironde, en Entre-deux- Mers ?

Le bassin Aquitain est terre d’eau et depuis toujours son essor est étroitement lié à cette ressource naturelle. La Gironde est particulièrement privilégiée car elle est “assise” sur une ressource   naturelle en sous-sol , de bonne qualité, protégée naturellement des pollutions de surface. 98% de l’eau potable du département provient donc des nappes profondes, phénomène unique en France! Cette ressource rare, il importe de la préserver pour les générations futures , c’est pourquoi le département  considère que la question de l’eau doit être prioritaire quand bien même il appartient aux communes et à leurs regroupements de gérer le service public de l’eau. Or ces nappes profondes sont très sollicitées: 150 millions de m3 sont prélevés chaque année dont 120 millions de m3 uniquement pour alimenter en eau potable les Girondins! Il est donc primordial de préserver ce bien commun, véritable trésor qu’il importe de ne pas dilapider inutilement. De plus …”avec le réchauffement climatique, les sécheresses estivales qui s’accentuent, cela peut avoir  un effet sur les nappes profondes et causer de vrais problèmes à long terme que nous ne savons pas anticiper.(cf  Nicolas Pedron, directeur régional du Bureau de recherches géologiques et minières-BRGM-) Par ailleurs, Bruno de Grissac directeur du Syndicat mixte d’études et de gestion de le ressource en eau de la Gironde (SMEGREG) hydrogéologue de formation précise: “En Gironde nous sommes des enfants gâtés car l’eau est omniprésente. Pour les nappes profondes, nous ne prélevons pas trop mais nous prélevons mal car par facilité nous avons concentré tous nos prélèvements près des centres de vie. Le défi est de mieux répartir nos pompages sur l’ensemble du territoire. Les nappes profondes constituent un patrimoine unique mais inconnu du grand public car elles sont invisibles.” Enfin, il y a lieu de prendre en compte également l’accroissement démographique de la Gironde qui accueille 20000 nouveaux habitants chaque année ce qui bien évidemment à des conséquences en termes de consommation et d’usage .Bruno Leménager, délégué régional de l’Agence Adour Garonne, rappelle d’ailleurs : “…Plus de 90% de l’eau en Gironde, vient du sous-sol, de nappes qui ne se reconstituent pas au même rythme que la consommation…” De quoi nous faire réfléchir lorsque l’on ouvre un robinet, prend une douche (plutôt qu’un bain) etc… (Sources Gironde Mag- Conseil départemental de la Gironde).

 

 

 

 


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